Course à l’hydrogène vert : quelles chances pour le Maroc et l’Afrique face aux géants ?

Réunis à Berlin lors d’une conférence internationale de haut niveau, experts et industriels ont dressé un état des lieux lucide de l’hydrogène vert. Entre avancées concrètes et défis persistants, les discussions ont mis en lumière les dynamiques mondiales en cours et les enjeux stratégiques pour des régions émergentes comme le Maroc et l’Afrique.

Berlin, 18 mars 2026 Dr Mohamed Douch, membre de la diaspora d’Adar à Tafraout, a participé à une conférence internationale consacrée aux réalités de l’industrie de l’hydrogène vert, organisée par le ministère allemand des Affaires étrangères au sein de son siège à Berlin.

L’événement a réuni un large éventail d’acteurs : chercheurs spécialisés dans les technologies de l’hydrogène, experts en politiques énergétiques, ainsi que des représentants de grandes entreprises engagées dans le développement d’infrastructures énergétiques en Europe, en Amérique du Nord et au-delà.

Au cœur des échanges figurait une volonté commune : dépasser les discours parfois optimistes pour ancrer le débat dans les réalités industrielles et économiques du secteur. Les interventions ont ainsi permis de distinguer les avancées déjà opérationnelles des nombreux défis qui restent à relever, notamment en matière de coûts de production, de stockage, de transport et de régulation.

La conférence a également mis en évidence un constat partagé : malgré un fort engouement mondial, l’industrialisation de l’hydrogène vert demeure encore concentrée dans un nombre limité de pays disposant d’une capacité technologique, financière et industrielle avancée. Selon les données présentées, des pays comme la Chine, la Suède et l’Arabie saoudite se positionnent déjà comme des acteurs de premier plan dans la course vers une production à grande échelle.

Dans ce contexte, la question du positionnement du Maroc et, plus largement, du continent africain, a suscité un intérêt particulier. Dotés d’un potentiel considérable en énergies renouvelables, ces territoires disposent d’atouts indéniables pour s’inscrire dans cette transition. Toutefois, les experts ont souligné que la concrétisation de ces opportunités dépendra fortement de la capacité à structurer des écosystèmes industriels solides, à mobiliser des investissements conséquents et à développer des cadres réglementaires adaptés.

Au-delà des enjeux technologiques, les échanges ont insisté sur l’importance d’une approche intégrée liant recherche scientifique, innovation industrielle et stratégies de développement territorial. L’hydrogène vert apparaît ainsi non seulement comme un vecteur de transition énergétique, mais aussi comme un levier potentiel de transformation économique pour les pays capables de s’y positionner de manière proactive.

En filigrane, la rencontre de Berlin a rappelé une réalité essentielle : dans la course mondiale à l’hydrogène vert, le temps de l’ambition doit désormais s’accompagner d’actions concrètes et structurées. Pour le Maroc et l’Afrique, l’enjeu n’est plus seulement de croire en ce potentiel, mais de créer les conditions nécessaires pour le transformer en avantage compétitif durable.